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La collection d’art brut

Hervé Lancelin

Johann Fischer

Johann Garber

Michel Nedjar

Franz Kamlander

Johann Korec

Oswald Tschirtner

August Walla

Aloïse Corbaz

Friedrich Schröder-Sonnenstern

Harald Stoffers

Melvin Way

Joseph Lambert

Pascal Tassini

Yoshiyasu Hirano

平野 喜靖

Donald Mitchell

Dan Miller

John Ricardo Cunningham

Giovanni Bosco

Dwight Mackintosh

Jill Gallieni

Leopold Strobl

Eric Benetto

José Manuel Egea

Jean Perdrizet

Anibal Brizuela

Jorge Alberto Hernandez Cadi

Jacqueline B.

Fernand Desmoulin

Momoko Nakagawa

中川ももこ

Arnold Schmidt

Albert Moser

Misleidys Francisca Castillo Pedroso

Georges Wilson

Art brut, art des fous et des marginaux ?

Une partie de ma collection est dédiée à l’art brut. Ce domaine de l’art est encore assez méconnu mais de moins en moins secondaire. J’y trouve toujours une sensibilité extrême qui ne cesse de m’émouvoir. L’art brut est pour moi une sorte de memento mori déchristianisé. Il ne s’agit plus d’exprimer la vanité de la vie terrestre comme au XVe siècle, mais d’illustrer la fragilité de l’être. Je ne peux rester insensible à la faiblesse de l’Homme, à sa précarité, à sa vulnérabilité et à son instabilité. Les artistes d’art brut sont des funambules de l’âme humaine et ils me renvoient inlassablement à mon propre miroir.

Jean-Paul Sartre disait que « l’Enfer c’est les autres » et par analogie on pourrait se demander si les fous sont aussi les autres. En art brut, les questions de la folie et de la marginalité sont récurrentes. Qui est le véritable fou : celui qui fait, ou celui qui regarde ? Qui est le marginal ? Celui qui explore, ou celui qui a peur ?

Artistes bruts à découvrir

Les artistes suivants sont présents dans la collection : Johann Fischer, Johann Garber, Michel Nedjar, Franz Kamlander, Johann Korec, Oswald Tschirtner, August Walla, Aloïse Corbaz, Friedrich Schröder-Sonnenstern, Harald Stoffers, Melvin Way, Joseph Lambert, Pascal Tassini, Yoshiyasu Hirano (平野 喜靖), Donald Mitchell, Dan Miller, John Ricardo Cunningham, Giovanni Bosco, Dwight Mackintosh, Jill Gallieni, Leopold Strobl, Jean Perdrizet, Eric Benetto, José Manuel Egea, Anibal Brizuela, Jorge Alberto Hernandez Cadi, Jacqueline B., Fernand Desmoulin, Momoko Nakagawa (中川ももこ), Arnold Schmidt, Albert Moser, Misleidys Francisca Castillo Pedroso, Georges Wilson et quelques autres.

Il faudra faire un jour un inventaire précis. En attendant, j’espère que vous trouverez chez ces artistes d’art brut quelque chose qui vous donnera envie de vous poser des questions essentielles, et d’essayer d’y répondre avec sincérité.

HL

« Le vrai art, il est toujours là où on ne l’attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. »

Jean Dubuffet

Art brut, la newsletter

Le bulletin d'information d'Artbrut.org est en principe envoyé 1 à 2 fois par an. Il contient aussi bien les informations sur les oeuvres d'art brut de ma collection, que les dernières acquisitions et les prochaines expositions.

Introduction à l’Art Brut

Par Christian Berst

Préface au catalogue L’art brut : Une histoire de mythologies individuelles à l’Oliva Creative Factory, Collection Treger/Saint Silvestre, mai 2016-août 2017.

La définition de l’art brut

On ne peut comprendre la notion d’art brut sans s’intéresser à la généalogie de la pensée qui l’a fait naître : d’abord l’idée aristotélicienne selon laquelle le génie et la folie sont indissociables, puis, à l’orée du XXe siècle, la prise en compte des cultures non-occidentales et les révolutions de l’art moderne et de l’exploration de l’inconscient. Voilà, en substance, ce qui nous a permis d’envisager ces productions auxquelles la culture académique ne nous avait pas préparés.

Le terme d’art brut lui-même, inventé par Jean Dubuffet en 1945, désigne ainsi des créations produites par des personnalités dont l’altérité sociale ou mentale les exonère souvent largement des courants dominants de la culture.

Transgresser les normes

Un art de fous, de médiums, de personnalités extraordinaires prises de fièvre créatrice. Ces artistes, qui ne se revendiquent pas comme tels, transgressent les normes de l’art établi sans se soucier d’exposer ou de vendre ; le plus souvent ils se cachent et n’ont d’autre finalité que de créer. Créer comme on respire, comme on bâtit un monde à sa (dé)mesure, comme on renoue le lien avec l’univers. Créer comme pour témoigner de notre mystère d’être au monde. Comme pour élucider notre destin. En définitive, revenir à la genèse de l’art, à sa métaphysique, au travers de mythologies individuelles qui ne connaissent ni limites formelles, ni historiques, ni géographiques ou culturelles.

Reconnaissance des institutions

En rejoignant désormais les collections des plus grands musées au monde – comme le Moma, le Centre Pompidou, la Tate Modern ou le Metropolitan, en irriguant aussi abondamment les Biennales de Venise de 2013 et 2017, en suscitant un nombre toujours croissant d’expositions, de publications, de colloques et de réflexions, l’art brut est devenu, au tournant du XXIe siècle, le champ le plus vivifiant de l’art. Celui qui affole les boussoles et nous apprend – ainsi que nous l’enseigne l’art – à fuir les dogmatismes, voire à entreprendre une courageuse mais salutaire réécriture de l’Histoire de l’art. En revenant ainsi à l’originelle pulsion créatrice qui habite l’Homme.

(Texte reproduit avec l’aimable autorisation de son auteur)

Johann Korec, « Die Haselgraber Stefi… », 1981, gouache et encre sur papier, 14,6 x 10,3 cm

Melvin Way, « Pyroglutamic », 2015, stylo, marqueur et ruban adhésif sur papier, 19 x 15 cm